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Plan de départs
volontaires
chez Crédit Agricole SA
La direction de la banque espère obtenir le départ de 350 personnes d'ici fin septembre et le déménagement d'une partie des effectifs à Montrouge.
LA direction de Crédit Agricole SA a annoncé aux représentants du personnel la mise en place d'un plan de départs volontaires.
Selon une source syndicale, l'objectif de la direction de la banque serait d'obtenir le départ de 350 personnes d'ici fin septembre avant le déménagement d'une partie des effectifs de Crédit Agricole SA à Montrouge.
Les partants, selon la même source, devraient percevoir une indemnité complémentaire équivalente à 1,25 mois de salaire par année d'ancienneté.
ÉDITORIAL DE JEAN-CLAUDE MAILLY
DATÉ DU MARDI 13 JUILLET 2010
Le tour de vis imposé par le gouvernement vise à diminuer de manière drastique et aveugle (donc sans tenir compte
des conséquences) les dépenses publiques et sociales.
Pour les dépenses publiques c’est non seulement la poursuite de la révision générale des politiques publiques, ce sont aussi les diminutions des dépenses
d’intervention allant jusqu’à remettre en cause certaines aides sociales.
Dans le même temps, alors que la formation professionnelle est prétendument une priorité gouvernementale, le gouvernement réduit ses crédits et veut en
«piquer» au fonds de sécurisation des parcours professionnels mis en place par les interlocuteurs sociaux, ce qui s’appelle un hold-up.
Dans le domaine des dépenses sociales, c’est bien entendu le projet de contre-réforme des retraites, c’est aussi la contrainte d’un objectif plus serré en
matière de dépenses d’assurance maladie, d’où la recherche d’économies pénalisant notamment les personnels et les assurés sociaux.
Une telle politique économique pénalisera inévitablement la croissance économique et l’emploi, elle ralentira l’activité au risque d’aller vers la
récession.
Ces économies en cascade touchent également les collectivités territoriales dont, par exemple, les dépenses sociales tendent à augmenter du fait de la
crise, sans compensation de l’État.
Finalité de tout cela: répondre aux critères définis au plan européen en matière de déficit budgétaire et de dépenses publiques. Ce qu’a d’ailleurs
confirmé le Président de la République dans son intervention télévisée. Nous ne dirons jamais assez que les dettes publiques ont augmenté pour aider ceux qui sont à l’origine de la crise et que
maintenant ce sont les travailleurs qui doivent rembourser.
Ce n’est d’ailleurs pas anodin – loin s’en faut –
que la commission européenne se soit prononcée la semaine dernière pour un recul de l’âge du droit à la retraite.
Pendant tout l’été Force Ouvrière fera connaître largement ses positions sur le dossier retraites
dans la perspective du 7 septembre, journée de mobilisation qu’il faut amplement réussir.
Le président de la République a bien compris que le rapport de forces se situe sur le retrait ou non du texte gouvernemental.
Nous aussi, car avoir une vraie réforme pour les retraites suppose qu’on puisse se débarrasser de ce projet de loi injuste et inacceptable.
D’ici là, pour toutes celles et ceux qui prendront des congés, sachons allier le repos et la défense de nos positions, en expliquant et en convaincant.
Rester nous-mêmes, à savoir libres, indépendants et déterminés, être dans l’action commune ou convergente quand c’est nécessaire, comme le 7 septembre pour un rapport de forces plus important:
tel est le rôle d’un syndicat comme Force Ouvrière.
Voici maintenant une semaine, le 9 juillet dernier, notre collègue Joffrey Jacquemin, salarié du Crédit Agricole Nord de France mettait fin à ses jours sur son lieu de travail.
Il avait 32 ans. Nous avons été abasourdis par ce drame. Nous pensons avec beaucoup de compassion à son épouse Stéphanie, à ses parents et ses proches amis.
Depuis une semaine, nous avons été fortement sollicités, non seulement par la presse, mais également par beaucoup de collègues, nous demandant des explications ou cherchant à comprendre les raisons de ce drame.
Dans les premiers jours, l'heure n'est certainement pas aux déclarations ou autres commentaires basés sur des supputations ou des hypothèses non vérifiées.
Aux médias qui nous interrogeaient, nous avons déclaré que nous étions dans l'impossibilité d'affirmer quoi que ce soit sur les raisons qui avaient pu conduire Joffrey au suicide sur son lieu de travail. Supposer est une chose, affirmer en est une autre.
La disparition de notre collègue dans les conditions que l'on sait secoue tous les esprits des salariés du Crédit Agricole. Aujourd'hui il n'est pas une personne qui ne soit traversée par la pensée que si Joffrey s'est donné la mort au sein de son entreprise c'est qu'il a voulu laisser un message.
Bien au-delà des déclarations de la Direction du Crédit Agricole dans la presse, dans l'heure même, qui a suivi le drame évoquant "des motifs personnels", cette pensée demeure encore dans toutes les têtes.
Encore une fois, pour affirmer, il faut être en possession d'éléments. Si par la voix d'une porte-parole de la Direction, "des motifs personnels" ont été évoqués, nous ne savons pas sur la base de quels éléments.
Ce que nous savons c'est que Joffrey a laissé une lettre avant de partir. Cette lettre a été saisie par la Police qui est arrivée immédiatement sur les lieux. Avant que la lettre de Joffrey ne soit remise à sa famille après l'enquête de police, aucune personne n'est habilitée aujourd'hui ou en état de dire :" j'ai personnellement lu l'intégralité de cette lettre et voilà précisément les termes qu'elle contient". Nous le répétons : personne.
Nous comprenons parfaitement que chacun se fasse sa propre idée sur ce qui s'est passé, surtout dans les conditions où cela s'est passé. Incontestablement. Pour autant, il est déterminant dans un tel drame de ne pas céder aux raccourcis ou aux conclusions hâtives. Ce serait vraiment grave.
Si Joffrey a voulu expliquer son geste dans cette lettre, c'est à la famille et à elle seule de le découvrir.
Nous connaissons le parcours professionnel de Joffrey, particulièrement jusqu'à cette mutation récente en avril dernier de l'agence de Cambrai à Neuville St Rémy.
Nous avons entendu la Direction. Nous avons lu ce qui a été déclaré.
Pour autant, en ce qui nous concerne, il ne demeure qu'une seule chose : Joffrey a voulu expliquer son geste. Ce sont ses écrits qui détiennent la vérité de ses raisons. Rien d'autre. Ils appartiennent maintenant à ceux à qui Joffrey s'est adressé. Eux seuls sauront pourquoi notre collègue a voulu partir.
Nous présentons toutes nos condoléances à sa famille et lui transmettons tout notre soutien.
Les Représentants du Personnel FO Crédit Agricole Nord de France.
Jean-Luc BONHOMME 02.43.84.20.22
Jean-Philippe BRUAND
02.43.39.98.80![]()
Jean-François BRUAND 06.89.92.12.31
Joël GRUDÉ 02.43.76.34.62
Jacques NAY 06.06.65.99.00
Bernard OLSZEWSKI
06.59.86.23.67